Salvados.


L’histoire des rois et l’histoire de l’art font au lévrier une large place, elles lui laissent aussi une belle image. Il arrive pourtant que certains de ces chiens de haute race, qu’on dirait «bien nés», auraient mieux fait de ne pas naître, victimes de maîtres qui leur reprochent leur manque de performance à la chasse. Battus, abandonnés quand ils n’ont pas succombé aux mauvais traitements, ces lévriers ibères ont été recueillis par des familles, des associations de défense ou des éleveurs.Mathias de Lattre a commencé en 2012 à photographier ces malheureux animaux originaires d’Espagne ou du Portugal.La mélancolie qui se dégage de leur regard et qui semble renvoyer à des jours de souffrance a très vite suggéré au jeune photographe de les placer dans l’univers avec lequel le destin les a réconciliés. Rencontrés à la faveur de contacts, de promenades, ces chiens devenus animaux de bonne compagnie s’imprègnent eux-même de ce qu’avec narcissisme nous appelons l’humanité. C’est ce que Mathias de Lattre a voulu montrer dans ses images, en restant dans le domaine du portrait dont il a fait son premier territoire. Installés dans les demeures des hommes qui leur ouvrent les murs et leur offrent leurs meubles, les «Galgos» et les «Podencos», deviennent pour l’artiste des modèles et leur histoire disparaît derrière les apparences, Doug fait sa niche d’un fauteuil à palmettes, Lola s’assume en blanc et noir quand Gazhal s’inscrit dans un décor de jardin d’hiver.Oubliant l’anthropomorphisme des fables, contournant la profusion du bestiaire, ces lévriers du Sud se livrent dans une singulière galerie de portraits, fragiles et magnifiques.

Hervé Le Goff


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