About

I live and work in Paris, France.
For fine art print sales information or commercial works, please contact me :

(+33) 06.14.27.57.87
mathias.de.lattre@gmail.com

 

« Les portes de l’imaginaire »
par Jean-Louis Poitevin.

Dans un monde d’énervement continu submergé d’images souvent brutales, les photographies réalisées par MDL opposent à cette turbulence l’évidence palpable d’un calme délicat, tamisé dans un clair obscur où réel et imaginaire se répondent dans de subtils jeux de contraste. Elles sont portées par ce qu’il faut bien appeler une sorte de réalisme, mais ont une texture telle qu’elles semblent mystérieuses. Ces images s’offrent comme des mises en scène de situations simples appropriables par tous et nimbées d’une certaine part d’ombre, d’une incertitude masquée. Ce contraste est le creuset dans lequel s’engendre l’œuvre de MDL.

Violence

Avec Salvados, une série inattendue de 2014, de portraits de chiens, des lévriers d’origine espagnole recueillis par des âmes charitables, la relation qu’entretient MDL avec la violence trouve son expression aboutie. On ne voit que des chiens pris dans ce jeu entre ombre suggérée et lumière retenue et photographié dans des postures humaines. Ils ressemblent à des chiens banals. C’est leur histoire qui fait trembler. Soumis à des traitements d’une violence inouïe, ces chiens de chasse sont abandonnés, torturés, maltraités, assassinés dans des conditions atroces par leurs propriétaires lorsque ceux-ci découvrent qu’ils ne seront pas bon pour la chasse. Sauvés parfois, ils sont recueillis par des âmes nobles. Certains sont arrivés en France MDL les a cherchés et les a photographiés.
Tout dans ces photographies se joue dans cette tension à la fois masquée et irradiant la totalité de l’image, entre une violence invisible à l’œil nu et perceptible si l’on se laisse prendre par le mystère des couleurs, des attitudes et des tons et ce regard animal qui nous fait nous tenir soudain sur le seuil d’une émotion vitale.

Évasion

S’il n’est pas besoin de regarder en face la part incompressible de violence, de danger, d’horreur qui hante la réalité, il est néanmoins possible de se sentir porté par un désir incompressible de fuir, de s’évader, en cherchant dans ce qui est visible là devant nous, la porte qui ouvre sur la trame secrète de l’imaginaire.
Les images de MDL ne cherchent pas à montrer la réalité, il leur suffit de se tenir sur le seuil de l’émotion qui nous envahit lorsque la porte s’ouvre. La source de l’émotion, c’est ce moment où le corps rend les armes, celui où le visible s’estompe, où le ciel se fait immensité lointaine et proche, où le jardin se révèle hanté par des souvenirs incertains mais vivants, où les visages expriment presque à leur insu la question qui le hante.
Avec la série intitulée « Fugitif », MDL montre des paysages qui semblent familiers. Il parvient en travaillant la répartition des espaces entre ciel et montagnes, nuages et sol, à éveiller en nous qui les voyons ce qui le meut : le désir d’aborder les contrées du rêve.
La puissance de ces photographies comme de celles des autres séries tient en ce qu’il parvient à nous faire partir au loin en nous montrant l’ici maintenant.

Portes

Les mains de la série « métro » parlent dans cette langue si particulière de l’émergence d’un possible jaillissant de la nuit du monde. Saisissant un moment où le corps lâche prise, chacune de ces images dit le seuil entre conscience et abandon, entre oubli et présence, entre lointain et présence.
En projetant son univers mental sur le réel, il ne cherche pourtant qu’à saisir ces moments dans lesquels il reconnaît, éprouve, vit ou revit l’émotion originaire qui le meut, celle de cette porte qui s’ouvre sur l’ailleurs. C’est ainsi que MDL parvient à faire vibrer dans chaque image le lien magique qui a permis de la créer.
Avec « Imagination land », sa série la plus récente, il revient sur le jardin de son enfance. On sera surpris de ne voir que buisson ou arbre mort réfrigérateur abandonné, dressé telle une stèle blanche venue des confins de l’univers dans ce jardin ou porte sombre donnant sur rien, entaille dans un tronc ou fragment de mur abandonné. Chacun de ces éléments est marqué d’un signe dont il parvient à nous faire éprouver la puissance d’énigme.
MDL reconduit par la simplicité apparente de ses images le geste photographique à son origine magique, être la porte qui ouvre sur le mystère absolu qui fait que vivants et présents dans le monde nous ne faisons jamais que rêver l’ailleurs dont nous venons.

Jean-Louis Poitevin,
Écrivain, critique d’art, membre de l’AICA,
rédacteur en chef de TK-21 La Revue.

Expositions et prix

 

             2016 

                    Salvados, Librairie Hors-Format, Bruxelles.

 

2015 

Métro, Rencontre photographique du 10eme 2015, Librairie photographique le 29, Paris.

Exposition collective, Animaleries, Galerie La Carpe, Aubeterre sur Dronne.

Salvados, Galerie le Loft Photo, Bruxelles.

Fugitif, Librairie photographique le 29, Paris.

 

2014

Exposition collective Galerie de L’Escale, Levallois.

Salvados, Galerie la Belle Juliette, Paris.

                    Lauréat du concours « Nos amies les bêtes », Polka Magazine.

2013

Métro, Rencontres d’Arles 2013. Aux éditions Chez Higgins à l’Espace Bookstore l’Hauture.

2012

Book Major, Promotion 2012, Icart-Photo.

 

Éditions

Salvados

Format: 194 x 220 mm, 52 pages.
15 photographies reproduites en 2 couvertures souples différentes avec rabats.
Textes: Hervé Le Goff et Alain Bisotti
Papiers: Munken Polar 170 g/m2 et Rives Tradition 300 g/m2
1000 exemplaires / ISBN: 979-10-93684-00-0
HPRG éditions / Prix de vente: 29 euros /
50% des bénéfices est reversée aux associations de défense des Lévriers du Sud.

Catalogue disponible sur Paypal,
et dans les librairies Le 29, 7L, Jeu de Paume, Palais de Tokyo, Ofr et Hors-Format.